Intervenant 2017

Claude BarrasRéalisateur

Dans les coulisses de Courgette

Le cinéaste suisse Claude Barras est devenu une figure influente dans l’univers des films d’animation après que son opus Ma vie de courgette eut remporté un César pour ensuite être nominé dans la course aux Oscars 2017. Adapté du livre de Gilles Paris Autobiographie d’une courgette et écrit par Céline Sciamma, son film raconte l’histoire d’un petit garçon de 9 ans envoyé dans un foyer pour enfants. Il s’agit d’un film d’animation en volume, une technique qui voit les marionnettes d’une hauteur d’environ 25 cm être filmées en prises de vue successives, chaque intervalle permettant de les déplacer légèrement pour créer l’illusion de mouvement. Réalistes et néanmoins fantaisistes, pleines d’humour, les histoires de Claude Barras ont le pouvoir de faire rire et pleurer en même temps.

Conférence en vidéo

« Avec mon film, j’ai voulu montrer que les enfants font preuve d’une résilience incroyable. La force de la vie et de l’amitié peut l’emporter sur la noirceur du monde. »

Compte rendu : Dans les coulisses de Courgette

Sorti en 2016, le film d’animation Ma vie de Courgette a connu un succès international extraordinaire, raflant de nombreux prix, dont deux césars. Son réalisateur, le Suisse Claude Barras, est venu faire rêver les 300 adultes du 9e FHH Forum. C’est sur une note poétique que s’est clos le 9e FHH Forum. Les quelque 300 invités ont pu découvrir les coulisses de Ma vie de Courgette, le film helvético-français d’animation en stop motion qui a remporté deux césars et participé à la course aux oscars en 2017. Son réalisateur, le cinéaste suisse Claude Barras, est venu raconter l’histoire de son bébé, de sa…

Sorti en 2016, le film d’animation Ma vie de Courgette a connu un succès international extraordinaire, raflant de nombreux prix, dont deux césars. Son réalisateur, le Suisse Claude Barras, est venu faire rêver les 300 adultes du 9e FHH Forum.

C’est sur une note poétique que s’est clos le 9e FHH Forum. Les quelque 300 invités ont pu découvrir les coulisses de Ma vie de Courgette, le film helvético-français d’animation en stop motion qui a remporté deux césars et participé à la course aux oscars en 2017. Son réalisateur, le cinéaste suisse Claude Barras, est venu raconter l’histoire de son bébé, de sa naissance à sa célébrité internationale. Ma vie de Courgette raconte l’histoire mouvementée d’un petit garçon nommé Icare mais que sa mère, au bord du naufrage alcoolique, appelle Courgette. C’est dans les combles de la maison qu’il trouve refuge jusqu’au jour où, pour éviter une correction, il ferme la trappe sur sa mère, la faisant basculer dans l’escalier. Basculement également pour Courgette, qui se retrouve en orphelinat, seul au monde. Petit à petit, il va cependant se faire des amis et tomber amoureux de Camille, avant que tous les deux ne soient finalement adoptés par le policier qui s’était occupé de Courgette après l’accident.

Claude Barras aurait pu arriver au forum avec un extrait de son œuvre. Il a préféré réserver une petite surprise à l’assemblée : « Le film est tiré du livre de Gilles Paris Autobiographie d’une courgette, expliquait le cinéaste. Pour convaincre l’auteur de me céder les droits, j’ai donc imaginé le casting de Courgette, de manière à ce qu’il puisse se rendre compte du rendu final du film d’animation que j’imaginais. » Est alors né une sorte de court-métrage hilarant, dans lequel Courgette se présente au cinéaste et à son équipe hors champ. Assis sur un banc d’école, face caméra, le petit garçon se tortille en répondant timidement aux questions des professionnels, avant de lancer en sortant : « Si je suis pris, je pourrai choisir un autre nom ? Courgette, c’est un peu nul ! »

12 images par seconde

La technique du stop motion, appelée aussi « animation en volume », requiert une patience incommensurable et des trésors d’inventivité. D’une hauteur de 25 cm environ, les marionnettes sont filmées par prises de vue successives. Douze photos constituent ainsi une seconde de film. « À chaque image, un animateur bouge légèrement les personnages, exposait Claude Barras. C’est ce qui fait naître l’illusion du mouvement. Un seul animateur est responsable de son plateau, et lui seul intervient sur toutes les figurines en même temps. Cela demande un gros travail de préparation et d’organisation. » Une douzaine d’animateurs, entourés d’une équipe de 40 personnes, ont ainsi travaillé sur 10 plateaux – quinze ont été construits – pendant une année.

Pour les voix, le cinéaste a privilégié un rendu aussi réaliste que possible. « Les enfants n’apprenaient pas les textes par cœur. Je voulais qu’ils jouent leur propre rôle, en quelque sorte. On leur expliquait l’histoire tout en leur apprenant les répliques au fur et à mesure. » D’un livre pour adulte, le réalisateur a ainsi tiré une histoire pour enfant : « J’ai dû adapter le scénario, sans pour autant enlever la dramaturgie. » Au final, avec un budget de seulement 7 millions de francs, alors que d’autres productions tournent sur des budgets compris entre 30 et 70 millions, Ma vie de Courgette est un petit chef-d’œuvre. Du point de vue technique mais également scénaristique : frappé par un drame terrible, un petit garçon parvient à redonner un sens à sa vie. « L’histoire commence mal et finit bien, insiste Claude Barras. Cet enfant qui traverse les difficultés m’a beaucoup ému. Un peu comme Heidi ou Rémi dans Sans famille. J’ai d’ailleurs passé trois semaines dans une maison d’accueil avant de tourner, pour me rendre compte de cette réalité. J’y ai découvert que la force de la vie l’emporte sur les frayeurs du monde. »

Interview en vidéo

Cliquez sur la vidéo pour visionner l’interview de l’intervenant dans le cadre du Forum.

Les Intervenants

Découvrez les experts et personnalités attendues au Forum.